Rendez-vous important ce matin, soudain…

Publié par dans Maitrise de soi | 18 commentaires

Rendez-vous important ce matin, soudain…

Rendez-vous important ce matin, soudain…

Rendez-vous important ce matin, soudain…

Hubert a rendez-vous à 10 heures, hôtel Nofitel.

Son interlocuteur : Akiro Saké, un acheteur japonais très difficile.

Hubert le « travaille » depuis 2 ans.

Rendez-vous important car c’est aujourd’hui ou jamais qu’Hubert emporte le contrat, vital pour lui.

Et pour sa société.

Pour maîtriser le temps, il prend l’autoroute 30 minutes plus tôt que d’habitude.

Soudain, un ralentissement.

J’ai 30 minutes de marge, pense-t-il, c’est tout bon.

Mais le ralentissement se transforme en arrêt prolongé.

Hubert le sait, Saké est intransigeant sur l’horaire, les convenances et la politesse.

Le froisser, c’est dire adieu au contrat.

 

Et quand il dit rendez-vous important cela veut dire que c’est celui de la dernière chance.

A l’arrêt depuis 20 minutes, pressé par le temps, Hubert perd peu à peu son sang-froid.

Et décide d’avancer coûte que coûte.

 

N’y tenant plus, il se déporte sur la bande d’arrêt d’urgence.

Et se rabat plus loin sous un concert d’avertisseurs d’automobilistes mécontents.

  • Stress et angoisse le visitent.
  • Son rendez-vous important lui fait perdre le contrôle de lui-même.
  • Les pensées sombres l’envahissent.

Je serai en retard, Saké sera parti, c’est foutu, 2 ans de boulot pour rien

S’énervant de plus en plus, il peste contre ceux qui n’avancent pas, contre cet embouteillage juste le jour où je suis pressé, etc.

 

Sans le réaliser, ses pensées sombres en créent de nouvelles qui l’assaillent de plus belle :

 Pff… c’est pas vrai, cet empaffé de Martin va me souffler le contrat, ça n’arrive qu’à moi,
j’ai UN rendez-vous important et c’est celui que je rate, etc.

Hubert ne maîtrise plus ni le temps ni ses pensées.

 

Enfin arrivé en ville, il grille un feu rouge.

Et manque de renverser un passant.

 

Méconnaissable, le moral à plat, il entre enfin dans le hall de l’hôtel.

Avec… 45 minutes de retard.

Sous l’effet de ses pensées sombres, ses nerfs ont lâché depuis longtemps.

Il est sans illusion : son rendez-vous important va finir en Bérézina.

45 minutes de retard, quel camouflet pour un Japonais.

Saké ne l’aura évidemment pas attendu.

 

Résigné, il s’approche du bar.

En effet, personne ne l’y attend : trop tard, Saké est parti.

Lui qui prétendait maîtriser le temps ne se maîtrise plus lui-même.

 

Désagréable avec le serveur, il commande un café.

Et s’écroule dans un fauteuil.

Chemise ouverte, cravate desserrée… la grande classe.

 

Puis il appelle son épouse, lui détaille le rendez-vous raté et ses conséquences :

Une sacrée remontée de bretelles, l’adieu à sa prime, etc.

Complètement anéanti, le moral en berne, il raccroche.

Et pose machinalement son regard à l’entrée du bar…

d’où surgit Saké, impeccablement vêtu, la démarche alerte, plus souriant que jamais.

 

Le japonais s’approche et lui dit :

Ah, cher Hubert, vous aussi savez ce que sont les embouteillages !

On se serait cru à Tokyo ce matin, je suis confus, navré.

Me pardonnerez-vous jamais ce retard ?

Mille excuses vraiment.

Ebahi, Hubert, se lève en catastrophe, renoue sa cravate comme il peut.

 

Saké poursuit :

Cher Hubert, j’ai un avion, nous n’avons que peu de temps, allons droit au but.

J’ai profité de cet embouteillage pour finaliser mon choix.

Votre offre est identique à celle de Martin.

Mais votre persévérance depuis 2 ans m’impressionne.

C’est d’accord, je signe avec vous.

 

Puis, en riant :

En plus, vous m’avez attendu sans vous énerver, sans stresser, d’habitude votre spécialité à vous autres occidentaux…

Vous n’êtes pas du genre à foncer dans le brouillard un jour d’embouteillage, je l’ai tout de suite senti.

Vous êtes calme, Hubert, c’est bon signe pour nos affaires.

 

À ces mots, horriblement gêné, ne sachant pas comment les interpréter, Hubert balbutie :

Euh…tout à fait… sans m’énerver.

Sans stresser du tout…Mr Saki…, Sakou, zut…Saké.

C’est ça, je vous ai attendu sans stresser du tout, Monsieur Saké.

 

Et reprenant du poil de la bête, il ajoute :

Vous savez, le calme chez moi, c’est une seconde nature.

Je sais rester ZEN comme on dit chez vous… euh… hum…

Tous deux partent à nouveau dans un  éclat de rire.

 

QUELS ENSEIGNEMENTS ?

Vous êtes en retard à un rendez-vous important.

Du calme !

Restez zen et maîtrisez vos pensées car…

1) C’est peut-être votre interlocuteur qui sera plus en retard que vous !

2) Si ce rendez-vous est important, il l’est pour les deux parties.

3) Un partenaire qui renoncerait au contrat pour un simple retard ne serait pas le bon partenaire… réjouissez-vous de cette découverte.

4) Ce qui est fait est fait. Il est donc inutile de se tourmenter pour une situation sur laquelle vous ne pouvez rien.

5) En revanche, concentrez toute votre énergie non sur votre « erreur », ce rendez-vous important raté, mais sur les solutions possibles à ce stade.

 

Au final :

moins de stress,

• meilleure maîtrise du temps et de vos pensées.

• plus d’efficacité et de résultat.

C’est saké bien !

 

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18 Commentaires

  1. Surtout Jean-Luc, enchante-nous de tes belles histoires qui nous rappellent toujours comment nous comporter mieux ! Merci de rendre ce monde plus beau et plus vivable !

    • Anne, merci pour ce délicieux commentaire.
      Et à très vite pour la suite !

  2. Bonjour,
    Jean Luc vous êtes un bon narrateur, quel griot ! J’ai adoré m’identifier à votre personnage, parti dans son stress et le malicieux coup du sort qui lui ramène un peu de lumière. Merci cela ressemble à un conte, le sens nous remet sur le chemin….
    Clarisse

    • Baudrier, rien ne me fait plus plaisir que votre commentaire, merci.

      Et, soyez tranquille, d’autres articles de ce type sont en préparation :wink:

      Bon…c’est pas tout… j’y retourne !

      Bonne journée.
      Jean-Luc vous recommande Rendez-vous important ce matin, soudain…My Profile

  3. Bonjour

    Ah être en retard, voilà bien quelque chose dont j’ai horreur.
    Et du coup c’est vrai, j’ai tendance à stresser à cause de ça. Alors je calcule toujours mes délais avec une bonne marge (ça semble trivial).
    Jérôme vous recommande S’engager dans l’action peut-il vraiment changer votre vie ?My Profile

    • Salut Jérôme,

      Calculer les délais, ok… mais Hubert, lui aussi, avait pris de la marge.

      Cela n’a pas suffi.
      Il a perdu le contrôle de lui-même.

      Aurais-tu réagi comme lui ?

  4. Bonjour,
    Belle histoire! Et tellement vraie!
    Il n’est pas aisé de « prendre du recul » lorsque l’on est dans l’action et que l’on s’est sincèrement impliqué dans son travail. Personnellement, je ne pense pas qu’il soit possible de totalement supprimer ce stress : 2 ans c’est long! Il est légitime d’avoir le palpitant qui s’accélère.
    Cela m’arrive encore souvent.
    Par contre, j’évite de mettre en danger la vie d’autrui par une conduite irresponsable !
    Avant ça, ma solution : décharger l’émotionnel rapidement : je hurle un bon coup : dans la voiture aucun risque. Au pire vous allez faire rire les voisins… et vous même,
    après je dégaine le téléphone portable : trouver quelqu’un pour prévenir, acceuillir à votre place, l’accueil, la réception de l’hotel, le barman… le plan B du sourire quoi. Ca va mieux.
    Puis je prépare mes arguments « constructifs et humains ». Ok, c’est fait. Je ne peux rien faire de plus. Il n’y a plus qu’à attendre… et espérer. Retour au calme, reste à trouver une radio sympa…

    • Bloquées dans un embouteillage, 2 voitures à l’arrêt, côte à côte.

      Voiture 1 : Hubert, estomaqué, dévisage le conducteur voisin.

      Intrigué, passionné, il ne perd pas une miette de ce qui se passe dans la voiture 2.

      Voiture 2 : Ça hurle, ça crie, ça fait des gestes…

      Pas de panique !

      C’est Solenn qui :

      1) « décharge l’émotionnel » (le cri.)

      2) téléphone au Nofitel (l’organisation)

      3) sourit au conducteur de la voiture 1 (retour au calme).

      Jolie technique !

  5. Géniale cette histoire !!

    Effectivement je suis depuis peu plus zen mais je triche : je n’ai plus de rdv à honorer à part la sortie d’école pour mon fils.
    travailler de chez soi, c’est le pieds :) Guillaume de komment devenir riche vous recommande Manger que des pommes, est-ce bon ?My Profile

    • Merci Guillaume pour ton appréciation sur l’article.

      Ravi pour ton fils qui doit être heureux de rentrer de l’école avec son papa.

      Il ne l’oubliera pas.

      Cela dit, travailler de chez soi a des avantages… à condition d’en sortir !

      Car il y a bien des gens à voir (c’est mon cas).

      Ne crois-tu pas ?

  6. Bonjour Jean-Luc, les choses nous arrivent pour plusieurs raisons, à nous de les chercher…

    Si ça fait 2 ans qu’il lui court après, la solution la plus sûre était carrément de prendre une chambre à l’hôtel, histoire d’être sur place quoi qu’il arrive.

    Sinon de partir une ou deux heures à l’avance, histoire d’être sur place pour bien s’imprégner du lieu et de peaufiner une fois encore tout le rdv pour ne rien laisser au hasard. Puis quand c’est bon, on peut profiter du temps qui reste pour se prendre un café en lisant le journal ou autre…

    J’aime être en avance pour être zen, mais si malgré mes efforts je suis en retard, ce n’est pas non plus la fin du monde. Quand j’arrive, je m’excuse avec un sourire et la vie continue.

    zenie
    zenie vous recommande La vie est une écoleMy Profile

    • Bonjour Zénie,

      Hubert avait pris les précautions nécessaires, partant en avance, connaissant les lieux etc

      Rétrospectivement, on peut dire, par exemple, qu’il aurait du coucher à l’hôtel.
      Or cette dépense aurait été inutile si les choses s’étaient normalement déroulées sur la route.

      Conclusion :
      Même quand on prévoit tout, le grain de sable qui surgit, est capable de nous faire changer de comportement.

      C’est sur cette perte de contrôle de soi que l’article nous invite à réfléchir.
      Bonne journée Zénie.

  7. Belle histoire … si seulement nous savions ne pas stresser, ne pas perdre notre sang froid …
    Suis preneuse de suggestions !

    • Merci Carole.
      Pour les suggestions, la meilleure que je puisse faire est de suivre Moralotop !

      • La véritable question que révèle cette histoire est une question fondamentale ignorée de la majeure partie des êtres et qui dévoile notre lien absolu dans l’unité globale de la physique quantique et la sage attention que nous devons lui porter :
        Nos pensées, nos humeurs, nos stress, notre négativisme ou positivisme, etc.… à notre insu, influent et transforment l’environnement dans lequel nous évoluons dans la cible inconsciente (cerveau émotionnel, limbique) conduite par notre pensée et en confortant consciemment (cerveau gauche) de façon chronique le schéma, renforçant alors les mécanismes inconscients nous faisant perdre tout contrôle sur notre liberté.
        N’avez-vous jamais vécu cela (dans la lignée de cette histoire), on se lève stressé, on a le sentiment de peur d’être en retard et alors au fur et à mesure, autour de nous, tout l’environnement dans lequel on progresse dans cet état met des barrières sur notre chemin nous mettant en retard et augmentant notre peur irrationnelle et donc le nombre d’incidents et freins à notre progression vers le lieu et à l’heure du rendez-vous. Idem dans la conduite d’un projet, d’une mission, etc.…
        Ce mécanisme fonctionne dans toutes sortes de situation quotidienne, sociale, au travail conduites par notre cerveau émotionnel que ces émotions ressenties soient positives ou négatives.
        Vient vers nous et jusqu’à nous le miroir ce que nous sommes au temps T (émotionnellement), transformant notre environnement proche en confortant notre sentiment qui domine de plus en plus notre contrôle.
        En toute situation, bien que cela ne soit pas du tout facile, il faut atteindre un niveau de sagesse et de confiance absolue à ce vers quoi nous avançons (projet, missions, rendez-vous, conflit à régler, etc.…) en plaçant notre ego en veille, en ouvrant notre pensée sur une vision globale positive par laquelle nous intégrons que les choses qui doivent arriver se présenteront à nous et que les choses qui ne se présenteront pas à nous ne devaient donc simplement pas arriver. Faisant cela dans la sagesse et la paix intérieure sans mettre notre ego défensif et offensif en parade face à une situation qui n’est pas celle que je croyais qui devaient m’arriver. Dans cette vision sage des choses, il n’y a pas de stress inutile inhibant notre liberté naturelle (par le stress et la réaction offensive on pense servir sa liberté, alors qu’en fait on est sous le contrôle absolu et esclave de ses émotions) et n’arrive à nous que ce qui doit nous arriver, sans déception, sans regret, dans l’éthique, le respect, la paix et la confiance.

        • Bonjour Bellenger.

          1) Le mécanisme décrit est bien connu.

          Et fonctionne, en effet, dans nombre de situations de la vie.
          Il est, en quelque sorte, notre carburant (plus ou moins bon).

          2) Oui sur la sagesse et la vision positive des choses que nous entreprenons.

          Deux nuances :

          a- sur la notion d’égo en veille dont je ne perçois pas le sens.

          b- sur l’idée que ce qui devait arriver nous arrive et réciproquement.

          Ceci est l’expression d’une croyance… elle même forgée par le mécanisme décrit dans le commentaire.

          Cette croyance est donc la conclusion de tes expériences Bellanger.

          Elle relève de l’intime.

          Et ne laisse aucune place au hasard. (Il y a des bibliothèques entières sur le sujet).

          Séduisante sans doute, on peut, ou non, y souscrire.

          Merci pour cette pertinente contribution Bellanger. :)

          • « Notre ego en veille » :

            Bonjour Jean-Luc, merci pour cet échange – Gérald

             L’ego fondamental et « originel » signifie simplement « Je/ Moi » et est, dans l’absolu, le reflet de l’image de ce que je suis réellement.

             Première modification subjective de la réalité de ce que je suis est l’interprétation que l’on fait sur la conscience que l’on a de soi-même (parce que « je suis » est fortement influencé par les contenus émotionnels inconscient, étant dans le cas, je ne peux établir un état de ce que « je suis » avec objectivité.) Cette première modification est proportionnellement renforcée par le développement d’un champ plus large détournant l’intégrité de « ce que je suis » par la construction de l’image de ce que je veux que les autres perçoivent de moi-même.

             Ces deux mécanismes « existentiels » de l’ego naturel sont rattachés aux ancrages originels de notre cerveau reptilien et sont proportionnellement dépendants du niveau d’accord que l’on accorde à ces pulsions instinctuelles naturelles de survie : plus on se laisse conduire par « ces instincts » plus les champs d’action de l’ego dominent notre conduite (réduction de notre liberté décisionnelle).

             Sur ces fondements structurels de notre Ego, viennent ensuite se bâtir des citadelles de protection (défensives) et des citadelles de combat (offensives). La hauteur et l’épaisseur des murs de ces citadelles de notre Ego sont le reflet proportionnel de notre liberté : plus les citadelles sont imposantes et lourdes, plus j’en suis l’esclave et moins je peux contrôler mes choix et décisions qui me sont imposés « à mon insu » et inversement.

            Origines de ces citadelles : elles sont multiples et directement liées aux évènements de notre histoire et surtout à ce que nous avons émotionnellement vécu de ces évènements (car deux évènements similaires peuvent émotionnellement êtres vécu et interprétés différemment par 2 personnes, encore une fois selon son histoire). Depuis notre naissance, voire même durant la gestation, toutes les souffrances vécues, sous le moteur instinctuel du cerveau reptilien « La survie », sont émotionnellement interprétées de façon non rationnelle et, en fonction de l’intensité du traumatisme ressenti, sont enregistrées dans le cerveau émotionnel (ressentis mineurs), puis dans le cerveau limbique (souffrances plus vives) et dans le disque dur de notre cerveau : les amygdales du cerveau limbique (les traumatismes lourds) ; ruptures affectives, sentiment de perte, d’abandon, dénigrement de soi, inhibition, déconsidération permanente de soi, échecs subis, peurs brutales, phobies chroniques, etc.… donc depuis le temps d’enfance (durant les 3 premières années desquelles les ancrages principaux sont le moteur de toutes les interprétations de notre vie sur lesquelles s’emboîtent tous les « drames émotionnels » suivants) dans nos rapports avec nos parents et familles, puis à l’école, puis au travail, dans nos vies sociales et notre propre vie de famille avec nos propres enfants…

             Le moteur reptilien « Survie » traduit les évènements de façon totalement brute et inflige des modèles de réponses immédiates en déconnectant notre cerveau gauche et notre liberté décisionnelle et d’action. C’est lui qui trie les dossiers émotionnels reçus pour les classer là où il faut, en fonction du niveau de danger pour la survie interprété par lui et déterminé par le niveau émotionnellement ressenti par nous-mêmes dans le moment vécu. Ensuite, à chaque perception vécue, avec la veille permanente du cerveau reptilien et l’alerte permanente du cerveau limbique, c’est lui qui intervient dans nos décisions, nos interprétations et nos actions dans la finalité inconsciente de garantir « notre survie », avec pour bagage la mémoire de tous nos évènements passés vécus et qui furent traduits par notre émotion comme un danger pour notre survie.

            Ces mécanismes de notre cerveau est d’une dimension incommensurable agissant, à notre insu, et encore plus lorsque nous sommes mêlés dans la vie d’un groupe de plusieurs personnes du fait que les situations stimulatrices se multiplient de façon chroniques selon la multiplicité des interactions et donc des « cas personnels émotionnels », donc des interprétations ressenties par chacun. Ils agissent, malgré nous, sur chacun de nous à des degrés différents selon le recul établi par nous (très long travail sans fin) sur l’origine et le contrôle de nos émotions vécues conduisant insidieusement nos vies, en pensant toujours maîtriser nos choix…. Donc je vais me tenir à un exemple concret sur la base desquelles chacun pourra s’amuser à faire la recherche analytique, sans peur, concernant ce que nous sommes, « notre Ego », face à ce que nous avons « subit » dans notre vie depuis notre enfance et qui est le fondement constitutif de la « forme et le fond » de notre Ego qui nous domine et nous contrôle.

            1 – Une personne en tant qu’adolescent a failli se noyer sur la base d’un voilier qui s’est renversé. Il a été sauvé in extrémis. 20 ans plus tard au sein d’une entreprise, un programme de séminaire est organisé : que des surprises. Au cours du séminaire, toute l’équipe est accompagnée sur un quai et est conduite sur un voilier. Inutile de préciser que l’alerte émotionnelle intérieure s’est mise en action immédiatement à la découverte de la situation… Malgré le traumatisme instaurant un comportement totalement en alerte, la personne embarque avec les autres. Le vent est très calme. Deux heures après, un vent thermique se lève et le vent passe progressivement de force 2 à 4 puis 5… Le voilier gîte (se penche) ce qui est normal tandis que le leste de la quille compense la gîte avec le phénomène du levier. Voilà que notre homme se met très vite en panique, se retient à ce qu’il peut sur le voilier et au moment d’un coup de vent plus fort faisant encore plus gîter le voilier, le niveau de panique atteint un summum et notre homme criant s’approche du bord du bateau pour se jeter à l’eau… Où est la survie dans ce cas où l’homme se jette à l’eau à plus de 4 miles des côtes ?

             Voilà un bon exemple concret des mécanismes croisés de notre cerveau reptilien avec notre cerveau limbique : l’inconscient de notre homme reçoit tous les paramètres intégrés au fur et à mesure par lui et les classant au fur et à mesure dans le niveau d’alerte 1 (urgence), 2, 3… selon les cas. Dans le niveau 1, la liste enregistre : voilier – loin des côtes – pleine mer – vagues – vent forcissant – gîte du bateau – et tous les autres facteurs de similitudes intégrés dans la mémoire inconsciente réunissant tous les éléments contextuels du drame passé… La liste d’alerte grimpe jusqu’au moment où l’alerte immédiate est imposée : « voiler en pleine mer dans du vent fort = bateau qui va se renverser et tu vas te noyer ! » et toute la partie inconsciente du cerveau prend les commandes et « fais agir » notre homme en le « poussant » à se jeter à l’eau avec le message irrationnel de survie « voilier renversé = noyé » donc « être sur voilier = danger », donc « quitter le navire = sauver ta vie » !

            Cet exemple d’un traumatisme est le schéma de fonctionnement de toutes nos expériences vécues forgeant les modalités de contrôle de notre ego sur nous. A chaque fois que nous ressentons du stress, de la peur, de l’inquiétude… pour arriver à nos fins dans notre vie ou/et notre profession, il faut avoir conscience qu’à ces moments, c’est notre ego défensif (peur de ne pas être à la hauteur, de rater nos ambitions, de paraître sous un aspect qu’on veut dissimuler, d’être en insécurité, etc.…) et offensif (mettre de la force dans ses ambitions, riposter et contre attaquer lorsqu’on est convaincu que quelque chose s’oppose à notre ambition, reprocher aux autres le sentiment qu’on éprouve au sujet d’obstacles que nous croyons qu’ils font à notre réussite et notre succès, etc.… ) qui nous conduit, nous imposant des choix et des actions liés à nos ancrages émotionnels en alerte permanente en fonction des interprétations ressenties au sujet de nos évènements passés.

             Mettre notre ego en veille, c’est précisément se détacher de tout le schéma psychologique qui nous contrôle à 100 % et nous fait agir dans un schéma « irrationnel » de survie (cerveau reptilien croisé avec cerveau émotionnel et limbique) par lequel on pense être en danger si on ne l’applique pas. C’est se détacher de nos ancrages émotionnels dont nous sommes esclaves et conduisent notre vie à notre insu et souvent en opposition avec les valeurs d’éthique, de partage, d’entraide, de respect, de sollicitude… qu’on expose dans ses discours, mais qu’on n’applique pas, malgré nous, dans nos actions. C’est se délier de la suprématie de notre Ego qui gonfle notre orgueil et notre vanité, c’est se défaire de ses convictions egocentriques bâties au cours de nos évènements de vie à se croire Le Meilleur, toujours au dessus des autres, convaincu d’avoir toujours raison dans ses choix et décision, sans prendre en compte les avis des autres, ni les avertissements multiples qui nous alertes sur la non pertinence de nos choix, les obstacles qui nous assaillent, les incidences de nos combats pour notre profit personnel sur les questions d’ordre éthique… Et ne font que renforcer notre Ego offensif et notre combat avec force et entêtement à poursuivre sa voie (ou «sa voix»…), sans se rendre compte de l’intensité de contraintes qu’on s’impose dans sa vie, de stress envahissant, de nervosité chronique, de négligence vis-à-vis de ses proches… et remet en cause sur la pertinence du sens fondamental à donner à nos vies…

             Dès qu’on met donc cet ego en veille, on s’en remet à soi-même avec ses valeurs naturelles (non « instinctuelle » et non «traumatiques ») dans la confiance totale de l’avenir qui nous est réservé dès lors que j’agis avec mesure dans le sens de ces valeurs uniquement sans viser la quête d’un profit personnel, d’une ambition de pouvoir, de domination, d’accumulation de biens, et autres fléaux qui minent notre humanité actuellement. C’est dans cette démarche que les choses qui doivent arriver se présenteront à nous tandis que les choses qui ne se présenteront pas nous ne devaient simplement pas nous arriver. Cela reflète des constats vécus et observés partout en toute circonstance (tant par des expériences négatives que positives permettant de faire l’analyse de ces principes fondamentaux et de ses freins), cela s’observe dans les fonctionnements de groupe et on constate que lorsque tous appliquent ce principe dans l’humilité et la confiance alors une dynamique positive collaborative et de partage se développe vers un résultat bénéfique commun.

            • Gérald… un véritable article !
              Qui offre plusieurs lectures possibles.
              Exemple de mécanisme croisé entre cerveau reptilien et limbique ?
              Manifestation d’un égo offensif ? :) En tout cas, merci pour cette motivation à exprimer un point de vue de qualité.

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